Cambodge

Album Photo Cambodge

Le nord du Cambodge débute comme le sud du Laos : très peu peuplé et paysages monotones.
La première ville se trouve à 70 km de la frontière, et je ne trouve aucun distributeur de billets sur le chemin. Heureusement qu'il me reste du pain, du miel et des bananes pour manger, et mon filtre à eau pour boire l'eau stagnante d'une marre... Le soir j'atteins la ville et je peux enfin retirer de l'argent et me réapprovisionner.


Cette région du Cambodge est l'endroit le plus pauvre que j'ai vu jusqu'à maintenant... Les maisons sont toutes en bois, très simples les terres peu cultivées. Les gens ne boivent pas de l'eau en bouteille comment au Vietnam ou au Laos, mais l'eau des mares ou des rivières. Les habits des enfants sont souvent en mauvais état, et ils vont à l'école à pied. Je croise plusieurs antennes de la Croix-Rouge. Tous les 500 mètres je dois ralentir pour éviter un nid-de-poule qui couvre toute la largeur de la route. J'ai vraiment l'impression qu'ils ont construits des portions de route de 500 mètres, espacées les unes les autres de 100 mètres...

Les jours suivants, en s'éloignant de la frontière, le Cambodge me paraît moins pauvre. Mais il reste de loin le dernier de la liste des pays que j'ai traversé.

Petit à petit la densité de population augmente et c'est un plus.


Ici ils servent partout du jus de canne qu'ils pressent sur le moment avec un citron. J'adore ça, ça ne coûte rien, donc j'en abuse. J'aime bien aussi de temps en temps me boire une noix de coco.

Un soir je demande à dormir dans un temple bouddhiste. Un moine parle anglais et on discute. Nous parlons de son pays, dont il critique la corruption, son premier ministre en exercice depuis 15 ans, et se désole de la pauvreté. Il m'explique qu'il écoute la radio pour être au courant de ce qui se passe dans le monde, et qu'il aime le Japon la France et les Etats-Unis. Il est moine depuis 15 ans (il en a 28), mais dans 4 mois il retourna à la vie normale. Etre moine demande d'être pauvre, et il en souffre.


Ils m'invitent à manger, j'accepte. Je leur propose la citrouille que j'avais achetée pour ce soir, des chips de banane, mais ils m'expliquent que le soir ils ne peuvent pas manger de riz ni de fruits. Au moment de passer à table nous ne sommes que trois à manger, les moines jeunent le soir. Ceci me rend mal à l'aise...
Au temple se trouvent des enfants. Je pensais qu'ils étaient là pour jouer l'après-midi, mais ils y dorment également. Des orphelins? Un d'eux m'aime bien, me suis, on compte en anglais. Il voit mes fruits et les regarde, envieux. Je lui en donne la moitié avec les chips de banane. Tout ceci me rend triste pour eux...
Les moines fument, passent la soirée devant la télé, et en dehors du temps de prière ne font pas grand chose.
Avant de partir je les remercie pour leur hospitalité, et je leur offre les fruits qu'il me reste.

Je fais un détour pour aller visiter un lieu de culte bouddhiste, le premier grand monastère en état que je visite. Très intéressant.



Je ne suis pas en forme aujourd'hui. Il n'y a pas de raison particulière, mais ça arrive de temps en temps. Je crois que pédaler tous les jours fatigue le corps, même si on ne s'en rend pas compte, et il réclame parfois un peu de repos. Je m'autorise donc à passer l'après-midi à la terrasse d'un café, et je dors à l'hôtel.

Je poursuis mon chemin vers le Vietnam. Au dernier village avant la frontière je rencontre un Cambodgien avec qui je discute un moment. Il parle bien anglais bien qu'il n'ait pas fait d’études particulières. Il vit de petits boulots, mais ne s'étend pas dessus car ils sont sans intérêt, d'après ses propres mots. Il m'explique qu'il n'est jamais sorti du Cambodge, que j'ai de la chance de voyager, de découvrir de nouvelles cultures, et que cela m'enrichit. Mais au Cambodge les gens sont pauvres et ne peuvent pas se le permettre. Nous abordons ensuite le sujet de la religion, et chose rare, il n'est pas croyant! Les choses ne sont pas le fait d'un être divin supérieur, mais s'expliquent par la science, me dit-il. Je trouve impressionnant d'entendre ces propos de sa bouche, sa perspicacité m'épate...

Je bois une dernière noix de coco, un dernier jus de canne, et je quitte le Cambodge.


2 commentaires:

  1. Je suis admiratif devant votre courage , je suis un collegue de travail de votre père
    Continuez et prenez soin de vous .

    RépondreSupprimer
  2. Toi aussi tu as eu un sacré courage dans ton enfance !!! Ces photos doivent te rappeler beaucoup beaucoup de souvenirs ...

    RépondreSupprimer