Laos

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En entrant au Laos j'ai à la fois l'impression que le pays est plus riche et plus pauvre que le Vietnam. Je croise ici énormément de pick-up, de 4x4, alors qu'ils sont inexistants chez son voisin. Mais en contrepartie beaucoup de maisons sont en bois, sur pilotis. C'est le premier pays où je vois des maisons qui ne sont pas en dur.


La route traverse ici encore des rizières ainsi que quelques barres rocheuses verticales recouvertes de forêt vierge. Ces passages son courts, mais parmi les plus raides que j'ai rencontrés depuis mon départ.


En fin de journée je passe devant un temple bouddhiste et je décide d'aller y jeter un coup d'œil, par curiosité, en pensant que ce serait un excellent endroit pour passer la nuit. Mais avant que j’aie pu demander quoi que ce soit, un moine me propose de rester dormir. Merveilleux !
Le monastère est très simple, pas vraiment beau. Les deux moines ont 19 et 15 ans, et vivent là depuis trois ans, seuls... Ils sont tellement jeunes... Le plus âgé est tatoué, fume. Il me semble qu'il délègue au plus jeune les tâches qu'il n'a pas tellement envie de faire. Et en dehors du temps de prière ils ne font rien. Ils ne correspondent pas vraiment à l'idée que je me faisais des moines bouddhistes...


Le lendemain je reprends ma route. Tout va pour le mieux jusqu'à ce que clic-clac clic-clac, je sente quelque chose d'anormal au niveau de la roue arrière. J'essaie de comprendre d'où ça vient, mais rapidement je ne peux plus du tout avancer. Je décide de tout démonter, et je me rends compte que j'ai perdu un outil indispensable pour cette opération... Je suis à 150 Km de la ville la plus proche. Pour m'y rendre je fais du stop puis je prends un bus. Là-bas, aucun magasin n'a les outils nécessaires pour démonter ma roue, mais en bidouillant j'y arrive et je me rends compte qu'à l'intérieur du moyeu plusieurs pièces sont cassées. Mon moyeu est très spécial. Je vous passe les détails mais au lieu d'avoir 3 plateaux à l'avant, ceux-ci sont intégrés dans le moyeu. Il me sert donc à rouler et à changer de vitesses. Il est juste impossible que je trouve ce dont j'ai besoin ici, et je dois donc me faire envoyer les pièces d'Europe. Pour ne pas rester bloqué, je cherche un autre moyeu. Ceci me permettrait de rouler, sans les plateaux avant et sans frein arrière, mais au moins de rouler. Je fouille toutes les boutiques, mais dans toute la ville il n'y a pas un seul moyeu compatible avec mon vélo... Je prends le bus pour la ville suivante où je trouve finalement ce dont j'ai besoin. Je décide donc de rejoindre Hô-Chi-Minh avec ce nouveau moyeu, et de me faire envoyer les pièces à Santiago.

Me voilà donc reparti. Avec seulement la moitié des vitesses habituelles et sans frein arrière, mais reparti ! J'emprunte une piste qui longe le Mékong. Son nom est trompeur car si elle n'est jamais loin du fleuve, on ne l'aperçoit jamais... Cela dit, la campagne que je traverse est très tranquille, très agréable, et les rizières sont ici très belles avec de multiples nuances de couleurs allant du jaune au vert foncé.


Sur mon chemin je dois franchir un pont partiellement effondré. J'hésite un peu mais je n'ai pas d'autre alternative et des Laotiens l'empruntent, donc je me lance...


Le lendemain ça se complique un peu. La piste se dégrade, et la gaine du câble contrôlant le dérailleur se casse. Je n'avais plus de plateau, me voilà désormais sans cassette, bloqué sur le petit pignon... Je souffre dès que ça monte légèrement, et il m'est difficile de redémarrer. Un peu plus loin, la piste devient ensablée, je patine, je dérape, je m'embourbe. Avec mes kilos (enfin ceux du vélo) et sans vitesses, je galère. Finalement, je rejoins la route principale en stop. Là se trouve une petite ville, et je change la gaine. A partir de là le revêtement est excellent, et tout de suite ça roule beaucoup mieux !

Mais la route qui mène au Cambodge devient monotone. Les villages se font rares, les paysages ne sont pas moches mais sont semblables à tout ce que j'ai déjà vu ces dernières semaines, en moins beaux. Il n'existe pas d'itinéraire secondaire, mais je quitte de temps en temps la route pour aller voir des sites intéressants.

Une première fois je vais visiter un site classé à l'Unesco. Pour m'y rendre, je traverse le Mékong sur une petite barque avec mon vélo. Après quelques kilomètres, j'atteins le monastère. Ce sont les ruines d'un ancien temple bouddhiste construit par les Khmers. Tout est bâti avec de grandes pierres, dallé, les escaliers sont verticaux. On imagine très bien l'importance qu'a pu avoir ce lieu et les efforts qui ont été fournis pour le construire.




J'effectue à nouveau le retour sur une petite barque, et je campe sur les rives du Mékong. Des enfants m'observent planter la tente et applaudissent lorsque j'ai fini, trop mignon !



Le lendemain j'avale à nouveau les kilomètres sur cette route monotone, et j'atteins le soir les 4000 îles, une zone au sud du Laos où se trouvent de grandes îles. De nouveau je traverse le Mékong sur une barque et je campe sur la berge. L'avantage de camper sur les bords du Mékong, c'est qu'au moins, on ne manque pas d'eau ! Je me lave directement dans le fleuve, et je filtre son eau pour boire et cuisiner.


Le matin je pédale sur cette première île jusqu'à son extrémité sud. Là je traverse à nouveau le Mékong vers une seconde île. J'aime bien ces traversées sur de petites barques ! Cette seconde île est très sauvage. Il n'y a pas de piste, juste des petits chemins étroits.


A l'autre extrémité de l'île, je traverse à nouveau le Mékong. Cette fois-ci je trouve des petits chemins juste au bord du fleuve, c'est très agréable. En suivant mon GPS, je m'aventure sur un chemin qui, petit à petit, devient de plus en plus sauvage. La végétation se resserre autour de moi, je tombe sur un arbre en travers de la route, un pont pas franchement horizontal, un mini glissement de terrain qui n'a laissé qu'un trou d'un mètre à la place du chemin. Je suis seul, dans la forêt, et c'est chouette !


Après une dernière nuit au bord du Mékong, je rejoins la terre ferme.
Avant de passer au Cambodge, je quitte une dernière fois la route pour aller voir les plus grandes chutes du Mékong. C'est assez impressionnant, surprenant, surtout pour un fleuve aussi imposant !

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