Turquie

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Mon parcours en Turquie

La portion européenne de la Turquie est celle que j’ai trouvée la moins intéressante. La route est toute droite et ne passe par aucun village, le paysage est monotone, c’est une grande plaine très vallonnée recouverte de champs de blé à perte de vue.


Mais j’y ai tout de même fait mes premières rencontres avec la population. A la première ville traversée on m’a offert mon premier thé. Pour mon premier camping les voisins sont venus m’apporter du pain, du fromage et de la confiture maison. Le lendemain un pharmacien ravi de voir un étranger et de pratiquer son anglais m’a proposé ses services d’interprète et de GPS. Alors que je campais dans la cour d’une école, un villageois m’a apporté du lait fraîchement trait, l’imam quelques parts de gâteau, et au café du village on m’a offert l’incontournable thé.


Ensuite Sonja est venue me retrouver à Istanbul, et nous avons passé une semaine entre Istanbul et le bord de mer. Istanbul est une ville immense, avec une agitation omniprésente. Elle est couverte de mosquées, et la zone touristique est extrêmement bien aménagée : bancs, toilettes, espaces verts, zones piétonnes, tram... Les grandes mosquées et le marché aux épices sont très beaux. Mais cette partie d’Istanbul est très touristique, et très différente du reste d’Istanbul.



J’ai ensuite avancé le long de la mer Noire. Julien, un ami, est venu me rejoindre et nous avons passé une semaine ensemble. C’est une côte très belle, très verte, et très très escarpée. La route est une succession de montées et de descentes très raides. Depuis mon départ c’est sans aucun doute la portion que j’ai trouvée la plus difficile. Mais c’est aussi parce que cette région est difficile d’accès qu’elle est plus sauvage et plus belle.



Sur cette côte, une ville en particulier vaut le coup d’œil : Amasra. C’est une très jolie ville, dans un cadre magnifique, avec quelques touristes turcs et pas un étranger.




A environ mi-chemin entre Istanbul et la Géorgie, une autoroute rejoint le front de mer qu’elle longe jusqu’à la frontière géorgienne, et toute la côte est bétonnée. Cette seconde partie est donc beaucoup moins intéressante. Un soir où je campais dans un village, un voisin qui travaillait dans la logistique m’a proposé de monter dans un camion qui partait le lendemain pour Trabzon, une ville 400 km plus loin sur la côte où je devais me rendre pour obtenir mon visa iranien. C’était donc une bonne occasion de passer un moment à bavarder avec un Turc et de zapper une route peu intéressante.

Mais une fois arrivé à Trabzon, mauvaise surprise, le visa qui devait être une formalité réglée dans la journée (comme c’était encore le cas 2 semaines plus tôt), s’avère impossible à obtenir : le gouvernement iranien refuse toute demande de visa touristique à l’approche des élections… Avec d’autres voyageurs qui se sont également fait refouler, j’ai passé deux jours à essayer de chercher toute information utile nous permettant d’entrer en Iran. Mais c’était peine perdue, nous avons tous fini par changer nos plans. De mon coté j’ai choisi de passer par la Géorgie et l’Azerbaïdjan, et de là prendre un ferry pour le Turkménistan pour traverser la Caspienne. Mais avant de quitter la Turquie j’avais envie de connaître l’intérieur du pays, que j’imaginais très différent de la côte. J’ai donc pris un bus pour Erzurum, à mi-chemin entre Trabzon et l’Iran, et je suis revenu en vélo. Erzurum se trouve en plein milieu d’un plateau bordé de montagnes de plus de 3000m, et la route pour retourner à Trabzon passe entre ces montagnes. Les paysages étaient donc complètement différents, magnifiques et je suis vraiment ravi d’être passé par là.






Après le dernier col j’ai battu tous les records de vitesse en pointe et en durée : j’ai roulé entre 65 et 75 km/h sur une vingtaine de kilomètres, et à plus de 55 les 30 km suivants. La sensation était incroyable… Arrivé en bas, j’ai hésité à prendre un bus pour remonter tout en haut et descendre à nouveau.


Mon impression sur la Turquie

La Turquie est fascinante, c’est un pays très riche de contrastes. Autant en ce qui concerne les paysages, la religion, les mœurs, le développement économique, les visages, on trouvera en Turquie à la fois l’Europe et le Maghreb. Au premier abord j’ai été déçu, comme de nombreux autres voyageurs, parce que la Turquie est justement beaucoup moins dépaysante que le Maroc. Mais les Turcs sont tellement gentils et le pays tellement beau que j’ai fini par l’adorer…

La première chose à dire à propos des Turcs, c’est qu’ils sont incroyablement accueillants ! Ils engagent la conversation très facilement, je n’ai jamais ressenti le moindre rejet de l’étranger, de celui qui ne parle pas le turc, ou de celui qui n’est pas musulman. Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a invité à boire un thé seulement après avoir passé 5 minutes avec quelqu’un, ou simplement en passant devant un café, une station service. Très souvent ils ne parlent pas anglais, mais ils sont contents de passer un moment avec l’étranger et font l’effort de communiquer.


Il m’est arrivé très souvent également qu’on m’offre de la nourriture alors que je campais à côté d’une maison, que je passais à côté d’un kebab ou de gens qui pique-niquaient.


Cette générosité rend le voyage en Turquie très agréable. Mais il arrive parfois que cette qualité soit poussée à l’excès : il est très difficile de refuser, même lorsqu’on vous offre de la nourriture et que vous venez de finir de manger. Et si un Turc vous a rendu un service et que vous souhaitez lui offrir un thé, il y a toute les chances pour qu’il souhaite payer, et à moins d’être très persuasif, le propriétaire du café n’acceptera alors jamais votre argent…

Un autre trait de caractère omniprésent, les Turcs sont extrêmement serviables : si vous avez besoin d’une information et qu’ils ne parlent pas anglais, ils feront leur maximum pour vous comprendre ou appelleront un ami qui parle (plus ou moins) anglais. Si vous cherchez un magasin ils vous y conduiront en voiture, appelleront le propriétaire s’il est fermé. Si un commerçant n’a pas ce que vous cherchez il vous emmènera même chez son concurrent.

Comme je le disais plus haut, la Turquie est beaucoup plus occidentale que ce que je l’imaginais. Beaucoup de Turcs sont typés, mais autant en ce qui concerne les visages que les tenues vestimentaires, la moitié d'entre eux passeraient complètement inaperçus en Europe. Voilà une brochette d'enfants et une photo avec un échantillon européen pour que vous puissiez vérifier par vous-même :



Certaines filles portent le voile, mais beaucoup ne le portent pas et je n’ai jamais senti aucune tension à ce sujet. Un soir, j’ai été hébergé par une famille avec deux filles de 23 et 25 ans. La plus âgée était voilée, mariée, avec un enfant, et la plus jeune était à la mode européenne. Je ne m’attendais pas du tout à ce que les deux cohabitent au sein d’une même famille… Contrairement à ce à quoi je m’attendais, la fille voilée a montré une plus forte personnalité que sa sœur, c’est elle qui m’a le plus parlé. J’ai même été impressionné lorsqu’elle a retiré l’assiette de baklavas de son père en me montrant son ventre, et que celui-ci a accepté sans protester en m’expliquant qu’ici c’était elle la chef !

Le point sur lequel j’ai senti la plus forte différence avec notre culture, est la séparation entre les hommes et les femmes. Les cafés sont toujours pleins d’hommes qui y passent des heures à boire du thé, mais je n’y ai jamais vu une seule femme… Et lorsque j’ai été invité à entrer dans les maisons, je suis resté quasiment exclusivement en compagnie d’hommes…


Un autre point sur lequel le pays m’a marqué, c’est au niveau de sa richesse : les investissements massifs du gouvernement dans les parcs, places, statues, etc sont impressionnants. Tout est gigantesque, propre, dans un état parfait. Les investissements paraissent ne pas avoir plus de 15 ans.


De même au niveau des routes : ce sont souvent des 2x2 voies, toujours en bon état, et parsemées de tunnels et de ponts (dont l’utilité semble parfois contestable). Beaucoup de routes sont encore en cours d’agrandissement, des lotissements neufs ou en construction se trouvent à la sortie de toutes les villes, et tous ces travaux se ressentent sur le paysage : je n’ai jamais vu un pays avec autant de montagnes converties en carrières, les Turcs sont un peuple de mangeurs de montagnes !



Au niveau de la population, ils ne semblent pas avoir autant d’argent à dépenser que le gouvernement, mais vivent très très bien. Les maisons sont belles, il n’y a quasiment pas de banlieux, les quelques fois ou j’ai été hébergé l’intérieur était tout confort, très agréable. Mais une fois de plus la Turquie est un pays de contraste, on verra également des gens qui passent leur journée à garder deux vaches sur le terre plein d’une 2x2 voies...


Dernier point, j’ai croisé des touristes en Géorgie à qui j’ai dit que je venais de Turquie. Et ils m’ont demandé si je m’y étais senti en sécurité. J’étais complètement surpris, je m’attendais à tout sauf à cette question ! Après un mois de voyage dans ce pays, passé dans les villes, les campagnes, chez l’habitant, sur les routes, seul ou en compagnie, le jour et la nuit, je me suis toujours senti tellement en sécurité que cette question était bien loin de mes préoccupations !

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